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  كل مايتعلق برواية La Boîte à Merveilles

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مُساهمةموضوع: كل مايتعلق برواية La Boîte à Merveilles   الجمعة أبريل 22, 2011 8:54 am

Module I: Lire un
roman autobiographique




La
Boîte
à Merveilles



Ahmed
SEFRIOUI




Fiche
de lecture




Titre:
La boîte à merveille




Genre:
Roman




Auteur:
Ahmed Sefrioui




Date
de parution:1954




Edition:
Librairie des Ecoles.




L’auteur

Ahmed
Sefrioui, écrivain marocain, est né en 1915 à Fès . C’est l’un des
premiers fondateurs de la littérature marocaine d’expression française.
Passionné de patrimoine, il a occupé des postes administratifs aux Arts
et Métiers de Fès, puis à la direction du tourisme à Rabat. Il sera à
l’origine de la création de nombreux musées comme Batha, Oudaya et Bab
Rouah. Il est mort en mars 2004.




Ses œuvres

Le
Chapelet d’ambre (Le Seuil, 1949)


La
boîte à merveille (Le Seuil, 1954)


La
Maison
de servitude (SNED, Algérie, 1973).

Le
jardin des sortilèges ou le parfum des légendes


(L’Harmattan,
1989)




Résumé

L’hiver

Chapitre
I


Dar
Chouafa




Deux
éléments déclenchent le récit : la nuit et la solitude. Le poids de la
solitude. Le narrateur y songe et part à la recherche de ses origines :
l’enfance.Un enfant de six ans, qui se distingue des autres enfants
qu’il côtoie. Il est fragile, solitaire, rêveur, fasciné par les mondes
invisibles. A travers les souvenirs de l’adulte et le regard de
l’enfant, le lecteur découvre la maison habitée par ses parents et ses
nombreux locataires. La visite commence par le rez-de-chaussée habité
par une voyante. La maison porte son nom : Dar Chouafa. On fait
connaissance avec ses clientes, on assiste à un rituel de musique Gnawa,
et on passe au premier où Rahma, sa fille Zineb et son mari Aouad,
fabricant de charrues disposaient d’une seule pièce. Le deuxième étage
est partagé avec Fatma Bziouya. L’enfant lui habite un univers de fable
et de mystère, nourri par les récits de Abdellah l’épicier et les
discours de son père sur l’au-delà. L’enfant de six ans accompagne sa
mère au bain maure. Il s’ennuie au milieu des femmes, Cet espace de
vapeur, de rumeurs, et d’agitation était pour lui bel et bien l’Enfer.
Le chapitre se termine sur une sur une querelle spectaculaire dont les
acteurs sont la maman de l’enfant et sa voisine Rahma.




الراوي يعاني الوحدة. من أجل قتل هذا الاحساس، سيحاول الراوي
البحث في ذهنه عن ذكريات الماضي. لقد آختار فترة الطفولة حيث كان عمره لا
يتجاوز 6 سنوات. كان الطفل يعيش حياتا تختلف عن باقي الاطفال: هو يحب كل ما
هو محسوس، خيالي، و بافي الاطفال بفضلون الملموس. كان يقطن دار الشوافة،
رفقة جيران أهمهم فتاة كان يكرهها بشدة: زينب. حياة الطفل تتراوح بين عالم
الخيال، و القصص التي يرويها عبد الله البقال و التي ينقلها الاب.




Chapitre II

Visite
d’un sanctuaire




Au
Msid, école coranique, l’enfant découvre l’hostilité du monde et la
fragilité de son petit corps. Le regard du Fqih et les coups de sa
baguette de cognassier étaient source de cauchemars et de souffrance. A
son retour, il trouve sa mère souffrante. La visite que Lalla Aicha, une
ancienne voisine, rend ce mardi à Lalla Zoubida, la mère de l’enfant,
nous permet de les accompagner au sanctuaire de Sidi Boughaleb. L’enfant
pourra boire de l’eau de sanctuaire et retrouvera sa gaieté et sa
force. L’enfant découvre l’univers du mausolée et ses rituels. Oraisons,
prières et invocations peuplaient la Zaouia. Le lendemain, le train
train quotidien reprenait. Le père était le premier à se lever. Il
partait tôt à son travail et ne revenait que tard le soir. Les courses
du ménage étaient assurées par son commis Driss. La famille depuis un
temps ne connaissait plus les difficultés des autres ménages et
jouissait d’un certain confort que les autres jalousaient.




المكان الثاني الذي يرتاده الطفل هو المسيد، أو المدرسة
القرآنية. إكتشف الطفل شراسة المكان و قساوة المعلم. كان دائم الالتصاق
بأمه، يذهب معها إلى الحمام ليكتشف تفاهة الموفق، و يرافقها لزيارة
الاولياء.




Chapitre III

Le
repas des mendiants aveugles




Zineb,
la fille de Rahma est perdue. Une occasion pour lalla Zoubida de se
réconcilier avec sa voisine. Tout le voisinage partage le chagrin de
Rahma. On finit par retrouver la fillette et c’est une occasion à fêter.
On organise un grand repas auquel on convie une confrérie de mendiants
aveugles. Toutes les voisines participent à la tâche. Dar Chouafa ne
retrouve sa quiétude et son rythme que le soir.




كان حدث إختفاء زينب مهما عند الطفل السي محمد. بعد أن عادت
إلى الاسرة، أقيمت وليمة بالمناسبة. إستدعي إليها كل فقراء الجهة. السي
محمد و زينب قضوا يومهم يلعبون. في الليل، عاد السي محمد إلى غرفته، وأخذ
علبة كان يجمع فيها الزجاج المكسر، و بعض المسامير والاحجار و كل ما وجده
ملقى على الارض. هذه الاشياء الغريبة تتحول مع السي محد إلى شخصيات و
أبطال، يعيشون مهرجانات و آحتفلات... إلا هذه الليلة، أبت علبته العجيبة أن
تلعب معه.








Le
printemps


Chapitre IV

Les
ennuis de Lalla Aicha




Les
premiers jours du printemps sont là. Le narrateur et sa maman rendent
visite à Lalla Aicha. Ils passent toute la journée chez cette ancienne
voisine. Une journée de potins pour les deux femmes et de jeux avec les
enfants du voisinage pour le narrateur. Le soir, Lalla Zoubida fait part
à son mari des ennuis du mari da Lalla Aîcha, Moulay Larbi avec son
ouvrier et associé Abdelkader. Ce dernier avait renié ses dettes et même
plus avait prétendu avoir versé la moitié du capital de l’affaire. Les
juges s’étaient prononcés en faveur de Abdelkader. L’enfant, lui était
ailleurs, dans son propre univers, quand ce n’est pas sa boîte et ses
objets magiques, c’est le légendaire Abdellah l’épicier et ses
histoires. Personnage qu’il connaît à travers les récits rapportés par
son père. Récits qui excitèrent son imagination et l’obsédèrent durant
toute son enfance.




Chapitre V

L’école
coranique.




Journée
au Msid. Le Fqih parle aux enfants de la Achoura. Ils ont quinze jours
pour préparer la fête du nouvel an. Ils ont congé pour le reste de la
journée. Lalla Aîcha , en femme dévouée, se dépouille de ses bijoux et
de son mobilier pour venir au secours de son mari. Sidi Mohamed Ben
Tahar, le coiffeur, un voisin est mort. On le pleure et on assiste à ses
obsèques. Ses funérailles marquent la vie du voisinage et compte parmi
les événements ayant marqué la vie d de l’enfant.




مع آقتراب موعد عاشوراء، يتغير الفقيه مع التلاميذ. يصبح أكثر
بشاشة معه. لان عاشواء تحمل النقود و الهدايا للفقيه. لكن حدثا مهما أثر
في نفس الطفل، حلاق الحومة مات. الحدث أرعب الطفل، و لحسن الحظ تدخل الاب،
حكى قصة لابنه فآرتاح هذا الاخير.




Chapitre VI

Préparatifs
de la fête.




Les
préparatifs de la fête vont bon train au Msid. Les enfants constituent
des équipes. Les murs sont blanchis à la chaux et le sol frotté à grande
eau. L’enfant accompagne sa mère à la Kissaria. La fête approchait et
il fallait songer à ses habits pour l’occasion. Il portera un gilet, une
chemise et des babouches neuves. De retour à la maison, Rahma insiste
pour voir les achats fait à la Kissaria.Le narrateur est fasciné par son
récit des mésaventures de Si Othman, un voisin âgé, époux de Lalla
Khadija, plus jeune que lui.




بدأ الاستعداد لعاشوراء. كانت فرحة الطفل السي محمد مضاعفة:
أولا لان الفقيه عينه مسؤولا عن فرقة التنظيف، و ثانيا لان عاشوراء تعني
ملابس جديدة.




Chapitre VII

La
fête de l’Achoura.




La
fête est pour bientôt. Encore deux jours. Les femmes de la maison ont
toutes acheté des tambourins de toutes formes. L’enfant lui a droit à
une trompette. L’essai des instruments couvre l’espace d’un
bourdonnement sourd. Au Msid, ce sont les dernières touches avant l e
grand jour. Les enfants finissent de préparer les lustres. Le lendemain ,
l’enfant accompagne son père en ville. Ils font le tour des marchands
de jouets et ne manqueront pas de passer chez le coiffeur. Chose peu
appréciée par l’enfant. Il est là à assister à une saignée et à
s’ennuyer des récits du barbier. La rue après est plus belle, plus
enchantée. Ce soir là, la maison baigne dans l’atmosphère des derniers
préparatifs.




Le
jour de la fête, on se réveille tôt, Trois heures du matin. L’enfant est
habillé et accompagne son père au Msid célébrer ce jour exceptionnel.
Récitation du coran, chants de cantiques et invocations avant d’aller
rejoindre ses parents qui l’attendaient pour le petit déjeuner. Son père
l’emmène en ville.




A la
fin du repas de midi, Lalla Aicha est là. Les deux femmes passent le
reste de la journée à papoter et le soir, quand Lalla Aicha repart chez
elle, l’enfant lassé de son tambour et de sa trompette est content de
retrouver ses vieux vêtements.




إنتهت الاحتفالات بعد أن قضى الطفل أياما من الاكتشافات مع
والده و السوق و مع النساء و غيبتهن المتواصلة.




L’été.

Chapitre VIII

Les
bijoux du malheur.




L’ambiance
de la fête est loin maintenant et la vie retrouve sa monotonie et sa
grisaille. Les premiers jours de chaleur sont là. L’école coranique
quitte la salle du Msid, trop étroite et trop chaude pour s’installer
dans un sanctuaire proche. L’enfant se porte bien et sa mémoire fait des
miracles. Son maître est satisfait de ses progrès et son père est
gonflé d’orgueil. Lalla Zoubida aura enfin les bracelets qu’elle
désirait tant. Mais la visite au souk aux bijoux se termine dans un
drame. La mère qui rêvait tant de ses bracelets que son mari lui offre,
ne songe plus qu’a s’en débarrasser. Ils sont de mauvais augure et
causeraient la ruine de la famille. Les ennuis de Lalla Aicha ne sont
pas encore finis. Son mari vient de l’abandonner. Il a pris une seconde
épouse, la fille de Si Abderahmen, le coiffeur.




Si
l’enfant se consacre avec assiduité à ses leçons, il rêve toujours
autant. Il s’abandonne dans son univers à lui, il est homme, prince ou
roi, il fait des découvertes et il en veut à mort aux adultes de ne pas
le comprendre. Sa santé fragile lui joue des tours. Alors que Lalla
Aîcha racontait ses malheurs, il eut de violents maux de tête et fut
secoué par la fièvre. Sa mère en fut bouleversée.




من الاحداث المهمة التي وقعت للطفل إكتشافه لسوق بيع و شراء
المجوهرات. أحس بذل البائع و طمع المشتري. أحس بجشع الصانعين الذين يلعبون
على غباء الاثرياء.




Chapitre IX

Un
ménage en difficulté.




L’état
de santé de l’enfant empire. Lalla Zoubida s’occupe de lui nuit et
jour. D’autres ennuis l’attendent. Les affaires de son mari vont très
mal. Il quitte sa petite famille pour un mois. Il part aux moissons et
compte économiser de quoi relancer son atelier. L’attente, la souffrance
et la maladie sont au menu de tous les jours et marquent le quotidien
de la maison. Lalla Zoubida et Lalla Aicha, deux amies frappées par le
malheur, décident de consulter un voyant, Sidi Al Arafi.




تردت حالة الطفل الصحية كثيرا. و لالة زبيدة تعتني به صباح
مساء. لالة زبيدة تعاني أيضا مشاكل زوجها المادية.
حال لالة عايشة لا يحسد عليه. بدأ الكل يفكر في أن
عينا ضربتهم (تقويسة)




الاب، السي عبد السلام، سيغادر الدار
بحثا عن موارد رزق. عاش الطفل و أمه حالة خوف رهيبة.




Chapitre X

Superstitions.



Les
conseils , prières et bénédictions de Sidi Al Arafi rassurèrent les deux
femmes. L’enfant est fasciné par le voyant aveugle. Lalla Zoubida garde
l’enfant à la maison. Ainsi, elle se sent moins seule et sa présence
lui fait oublier ses malheurs. Chaque semaine, ils vont prier sous la
coupole d’un saint. Les prédications de Sidi A Arafi se réalisent. Un
messager venant de la compagne apporte provisions, argent et bonne
nouvelles de Sidi Abdesalam. Lalla Aicha invite Lalla Zoubida. Elle lui
réserve une surprise. Il semble que son mari reprend le chemin de la
maison.




زارت النساء المتضررات سيدي العرافي، و هو شواف، لينفعهم
ببركاته. الطفل أعجب بالعراف الاعمى.




ChapitreXI

Papotage
de bonnes femmes.




Thé
et papotage de bonnes femmes au menu chez Lalla Aicha. Salama, la
marieuse, est là. Elle demande pardon aux deux amies pour le mal qu’elle
leur a fait. Elle avait arrangé le mariage de Moulay Larbi. Elle
explique que ce dernier voulait avoir des enfants. Elle apporte de
bonnes nouvelles. Plus rien ne va entre Moulay Larbi et sa jeune épouse
et le divorce est pour bientôt. Zhor, une voisine, vient prendre part à
la conversation. Elle rapporte une scène de ménage. Le flot des potins
et des médisances n’en fint pas et l’enfant lui , qui ne comprenait pas
le sens de tous les mots est entraîné par la seule musique des syllabes.




Chapitre XII

Un
conte de fée a toujours une chute heureuse.




La
grande nouvelle est rapportée par Zineb. Maâlem Abdslem est de retour.
Toute la maison est agitée. Des you you éclatent sur la terrasse Les
voisines font des vœux. L’enfant et sa mère sont heureux . Driss, est
arrivé à temps annoncer que le divorce entre Moulay Larbi et la fille du
coiffeur a été prononcé. La conversation de Driss El Aouad et de Moulay
Abdeslem, ponctuée de verres de thé écrase l’enfant. Il est pris de
fatigue mais ne veut point dormir. Il se sent triste et seul. Il tire sa
Boite à Merveille de dessous son lit, les figures de ses rêves l’y
attendaient.




عاد السي عبد السلام. عمت الفرحة المكان. ذهب الخوف من الطفل.
لكن الطفل لا زال يحس بالوحدة. ذهب إلى سريره ليلعب من جديد مع علبته
العجيبة.








Les temps du récit, dans
l’incipit de la Boite à Merveilles.




Une
ouverture au présent




Le
présent de l’indicatif a des valeurs différentes selon son emploi. Deux
valeurs sont à retenir dans notre cas.




Le
présent de l’énonciation : il correspond au moment où l’on parle.




Je
songe / Je ne dors pas / Ma solitude ne date pas d’hier Ma solitude (
aujourd’hui, en ce moment)




Je
vois P3 5 (maintenant que je parle) / Il me reste cet album pour égayer
ma solitude P6 je crois n’avoir jamais mis les pieds dans un bain maure
depuis mon enfance / A bien réfléchir, je n’aime pas les bains maures
P11.




Ce
présent annonce un énoncé ancré dans la situation d'énonciation. Il
révèle la présence d’un narrateur adulte et du moment d’écriture (moment
de la parole, de l’énonciation). Il lui permet aussi de faire des
commentaires. Ce temps est courant dans des genres littéraires comme
l’autobiographie.




Le
présent de narration : il s’emploie pour rapporter des actions passées
en les rendant plus « vivantes », plus actuelles, donne une impression
de direct.




Ainsi
Sefrioui a recours à ce présent pour rendre cette scène qui appartient
au passé et la montrer avec un effet précis.




Au
présent: « Je vois » Ennoncé ancré dans la situation, présent de
énonciation Au passé, l’enfance… Un petit garçon de six ans dresser un
piège pour attraper un moineau Il (l’enfant) désire tant ce moineau /Il
ne le martyrisera pas / Il veut en faire son compagnon Il court / Il
revient s’asseoir sur le pas de la porte / Le soir , il rentre le cœur
gros P3




Le
MARDI, jour néfaste pour les élèves du Msid me laisse dans la bouche un
goût d’amertume. Tous les mardis sont pour moi couleur de cendre. Il
faisait froid…..




L’imparfait pour enchaîner



Le
premier chapitre de la Boîte à Merveille est dominé par l’imparfait. Ce
temps permettra au narrateur de peindre les lieux réels de son enfance,
la ruelle, l’impasse , la maison, la salle du msid, les personnages qui
l’ont marqué et le monde fabuleux dans lequel il trouvait refuge.




Deux
valeurs à souligner




L’imparfait
associé au passé simple, le premier pour décrire le cadre, le second
pour dire la succession des événements.




Portrait
+ cadre de l’action




«
L’école était à la porte de Derb Noualla. Le fqih, un grand maigre à
barbe noire, dont les yeux lançaient constamment des flammes de colère,
habitait la rue Jiaf. Je connaissais cette rue. Je savais qu’au fond
d’un boyau noir et humide, s’ouvrait une porte basse d’où s’échappait
toute la journée, un brouhaha continu de voix de femmes et de pleurs
d’enfants. »




Cadre
+ actions




«
Dès notre arrivée nous grimpâmes sur une vaste estrade couverte de
nattes. Après avoir payé soixante-quinze centimes à la caissière nous
commençâmes notre déshabillage dans un tumulte de voix aiguës…….je
retirai mes vêtements et restai tout bête, les mains sur le ventre….




Dans les salles chaudes, l’atmosphère de vapeur, les
personnages de cauchemar qui s’y agitaient, la température, finirent par
m’anéantir. Je m’assis dans un coin, tremblant de fièvre et de peur. Je
me demandais ce que pouvaient bien faire toutes ces femmes qui
tournoyaient partout, courraient dans tous les sens, traînant de grands
sceaux de bois débordants d’eau bouillante qui m’éclaboussait au
passage. » P9/10




L’imparfait
pour un énoncé ancré dans la situation d’énonciation Il faudrait relier
ce temps au présent d’énonciation. Les deux se confondent.




« A
six ans, j’avais déjà conscience de l’hostilité du monde et de ma
fragilité. Je connaissais la peur, je connaissais la souffrance de la
chair au contact de la baguette de cognassier. » P20








Boîte à Merveilles (Étude panoramique)







Dans
son roman intitulé la boîte à merveilles, Ahmed Sefrioui nous plonge
profondément dans l'univers d'un petit enfant lié "intimement" à une
boîte secrète capable de le transporter au-delà de la réalité. Le roman
fait s'immerger le lecteur dans la réalité d'une ville accueillante et
pour le petit enfant et pour sa mère Zoubida, particulièrement après le
départ du père, l'ex-tisserand de haïks.




Sidi
Med, enfant de six, s'infiltre sans cesse dans le monde des femmes
perpétuellement oisives et imprégnées par le quotidien dispute,
commérages, papotage etc.




Le
roman est "peuplé" grâce aux récits des deux personnages féminins étant
donné leur prolixité sans bride.




Le
noeud de l'histoire:


La
faillite du père du narrateur, Abdesslam qui a perdu son capital dans le
souk.




Le
"happy-end ":


- Le
thème du retour est crucial dans la boîte à merveilles :


1-
Le retour du père déclenche de nouveau la joie et le bonheur de la
famille


du
narrateur.


2-
Le retour de Moulay Larbi: Lalla Aîcha reprendre du coup sa vie
conjugale


Heureuse.

3-
Le retour de l'enfant: Sidi Med réouvre sa boite à merveilles.




L'ethnographie:





A.Sefrioui
se livre à décrire minutieusement des lieux à vocation, à la fois
religieux et culturelle. Le sanctuaire,) titre d'exemple, ainsi que des
personnages tels que sidi El Arofi, Chouafa etc. Parallèlement, les
remets non traduits du dialecte renforce ce souci ethnographique
flagrant.




Le
regard de l'enfant:




Étant
donné qu'il est enfant, le narrateur à le droit de s'insinuer dans des
zones bel et bien intimes et sans aucun doute infranchissable: prenons à
titre d'illustration "le bain maure". Effectivement, la scène du bain
maure fait de l'enfant un espion qui guette le monde féminin en
franchissant toutes les frontières (de--SS--ion des corps des femmes:
mamelles pendantes, cuisse humides, ventre ballonnés, fesses grises…etc.




Le pacte autobiographique:



Tel
tout écrivain autobiographique, A.Sefrioui, quant à lui, promet le
lecteur de lui communiquer un récit rétrospectif sincère et véridique:


«
J'avais peut-être six ans, ma mémoire était une cire fraîche et les
moindres événements s'y gravaient en images ineffaçable. Il me reste cet
album pour égayer ma solitude, pour me prouver à moi-même que je ne
suis pas encore mort.».p.6


1-
Âge propice de la mémorisation.


2-
Autobiographie sincère.


3-
Pérennité aspirée.


Le
récit d'Ahmed Sefrioui est marqué surtout par des interventions
ironiques


(l'ironie:
faire comprendre le contraire de ce qu'on veut dire):


Il
ironise sur Zineb qui s'intéresse à l'état maladif noir…


Il
ironise sur l'altitude de L.Aîcha (la chanson…).


Le
sanctuaire: un saint qui préfère intensément les chats!




Le système des personnages:

sidi
Mohamed: le petit de six ans (le narrateur).


Lalla
zoubida: la mère du narrateur.


Lalla
aicha: l'amie de Zoubida.


Maâlam
abdesslam: la père de Sidi Mohamed.Tisserand.


Lalla
Kenza: la voyante.


Rahma:
voisine (la mère de Zineb fille que sidi Mohamed déteste). / et femme
de Driss Aouad.


Fatma
Bziouya: apprenti de Mr. Abdesslam.


My
laarbi: mari de Lalla.Aîcha( remariage avec la fille du coiffeur).


Abdellah
l'épicier: le conteur (" Homère" du petit Sidi Mohamed).


Sidi
El Arofi: le voyant aveugle qui va rassurer L.Zoubida et son amie
L.Aîcha.


Abderrahmane:le
coiffeur.


Salama:
La marieuse qui va unir My.Larbi et sa 2ème épouse.


Zhor:
la voisine de L. Aîcha qui lui a communiqué la vie que mène My.Larbi
auprès de sa seconde épouse.


Hammoussa:
le collègue de Sidi Mohamed.




La
structure de l'œuvre: 12 chapitre.


v
Chapitre1:


- La
solitude de l'enfant.


-
Les habitants de Dar Chouafa.


-
Les cérémonies de la voyante.


-La
dispute: Zoubida et Rahma.




v Chapitre 2:

- Le
Msid: un espace étouffant.


- La
visite du sanctuaire: L.Aicha / L.Zoubida.


-
(Le mausolée): Ali Boughaleb.




v Chapitre 3:

- Le
fqih du Msid: une misère ridicule.


- La
disparition de Zineb __ son retour était l'occasion


d'organiser
une cérémonie.




v Chapitre 4:

- La
visite de Lalla Aîcha: Zoubida et Aîchase livrent à leur


commérage
et Sidi part à aux jeux avec les enfants.


- My
escrocé par Abdelkader. (Déboires).




v Chapitre 5:

- La
faillite de My Larbi (L.Aicha vend ses bijoux).


- La
mort du coiffeur Sidi Mohamed Ben Taher.




v Chapitre 6:

- Le
nettoyage du Msid fait par les enfants: rixe enfantine.


-
L'achat des nouveaux vêtements à l'occasion de Achoura.




v Chapitre 7:

-Les
festivités de l'Achoura: Sidi Mohamed part au Msid pour festoyer


l'occasion.



v Chapitre 8:

- Le
combat entre le père du narrateur avec le dellal rusé. (Le jour où il


emmène
Zoubida pour lui acheter des bracelets).


- Le
remariage de My Larbi.




v Chapitre 9:

-
Ruiné, après avoir perdu son capital, Abdesslam laisse sa famille pour


aller
travailler aux tau bourgs de Fès: afin de rétablir son atelier.


- La
visite de Lalla Aicha:


Changement
de celle-ci.


Décision
d'aller consulter le voyant Sidi El Arofi.




v Chapitre 10:

- La
visite de Sidi El Arofi: La voyant aveugle a pu remédier aux


commentaires
féminins.


- Le
père, absent, parvient à ravir sa petite famille délaissée par l'envoi


d'une
somme d'argent.




v Chapitre 11:

- Le
martyre dont souffre My Larbi auprès de sa nouvelle épouse.


-
Salma, la marieuse, avoue sa responsabilité.




v Chapitre 12:

-
L'abstinence du petit Sidi Mohamed aller au Msid.


- Le
retour: - du père (joie de la fille).


- de
My.Larbi (tranquillité d'âme de Lalla Aicha).


- La
réouverture de la boite merveilleuse par le petit enfant, qui s'insinue


de
nouveau dans son petit monde.


les
composantes de la 1er de couverture /




a-
le nom de l'auteur




b-
le titre en gros caractères




c-"
roman" l'auteur définit le genre littéraire de son oeuvre




d-
l'image occupe une place importante sur la couverture




e-
librairie des écoles - la maison d'édition




analyse
du titre/




-
(le titre est composé de deux noms reliés par une préposition ( phrase
nominale




" la
boite à merveille"




la
boite est un objet pour cacher des choses
précieuses,extraordinaire.




Merveille les choses précieuses , chéres , extraordinaires ,
trésors.




DONC
* le titre signifie que la boite contient des choses qui ont une grande
importance dans le cœur de l'auteur.






La
Boîte
à Merveille

La
symphonie des trois saisons...




Premier
roman de Sefrioui, La boîte à merveille, une suite de scènes et de
tableaux, raconte la vie quotidienne d’une famille populaire dans la
vieille ville de Fès. Dès son ouverture, le roman ne manque pas
d’installer une ambiance exotique. Un regard pittoresque sur un monde
plein de tendresse, de couleurs et de parfums, qui ne manque pas
d’ambiguïté sur le sens du récit.


C’est
bel et bien un album, pour reprendre l’expression du narrateur, dont le
lecteur tournera les pages. Un album haut en couleurs qui nous fera
parcourir trois saisons et nous mènera de découverte en découverte,
explorer la société marocaine du début du XXème siècle : mode de vie,
traditions, rituels et vision du monde. D’avoir masqué la réalité
politique de l’époque, laisse entrevoir un parfum d’exotisme et fait
penser à un film documentaire d’ethnographe.








La boite à merveilles. Commentaire



COMMENTAIRE
:




La
boite à merveilles:


Un
objet de compensation




Dans ce roman, le narrateur puise dans sa mémoire
forte les ingrédients indispensables pour revivre
les souvenirs passés et évoquer certains événements qui ont marqué son
enfance.


Il
ressuscite le passé pour le revivre, le revoir, le questionner,
l’examiner… Il évoque certains faits qui ont
participé à sa formation et à son initiation. Certaines figures et
certains rites ont suscité son indignation (les comportements de la
mère, l’école coranique, l’absence du père…), d’autres ont éveillé sa
curiosité (la visite du saint, les rites de la voyante, la mort et son
rituel…).


La
boite à merveilles est un récit rétrospectif qui débute par un
déséquilibre psychologique


et
existentiel du héros. Le narrateur, de son regard d’adulte, tente, en
remontant aux jours écoulés, de mettre le doigt sur les sources de cette
solitude qui l’écrase « je songe à ma solitude et j’en sens tout le
poids. Ma solitude ne date pas d’hier » (incipit du roman).


En
effet, dès sa première enfance, et précisément à l’âge de six ans,
l’enfant n’arrive pas à établir un pont de
communication avec l’entourage immédiat (la famille) et le milieu social
où il progresse (l’école, le voisinage, la rue). Cette situation de
manque et de conflit déconcerte l’enfant et le pousse à trouver dans un
autre univers les sources de compensation et d’intégrité
intérieure. Il guette un moineau mais « le
moineau ne vient jamais ». Il veut en faire son
compagnon, uniquement son compagnon ! Cet échec aggrave la situation de
l’enfant et le voue à la quête d’un refuge. C’est la boîte à merveilles
qui offre alors à l’enfant la matière propre à son alchimie ésotérique
et son penchant pour le rêve.


Comme
l’incipit (le début du roman), l’excipit (la fin du roman) accentue le poids de la solitude et indique que « la
boite à merveilles » est en même temps le point
de départ et le point d’arrivée : elle est un refuge et une source
d’élévation (évasion) et d’épanouissement.








La
boite à merveilles:


l'acquisition
de l’art de raconter




Notre culture et notre imaginaire ne peuvent
certainement échapper à l’influence d’une
tradition orale onéreuse qui sert de voie pour véhiculer des traditions,
des coutumes, des rites, des croyances.


Originaire
d’une famille modeste, le narrateur décrit en détail son milieu, dans
les moments de joie (fêtes d’achoura…) et dans
les instants de tristesse et de deuil (mort,
disparition...). Cette curiosité, cette sensibilité, ce désir de «
comprendre et non d’imiter » ornent le parcours d’apprentissage de
l’enfant.


En
effet, certaines figures ont marqué l’univers de
l’enfant (la mère, l’épicier, le père). Ces trois
instances possèdent l’art de raconter. Sa mère a la qualité de raconter
et de décrire la réalité en détail tout en théâtralisant les situations
(gestes ; mimiques). Nous pouvons évoquer les
contes des mille et une nuits de Shéhérazade. Celle-ci avait tous les atouts pour charmer le roi. La mère du
narrateur a aussi « la beauté et l’art de
raconter ». Elle est capable de retenir l’attention du public par la
manière. Elle crée des situations de suspense pour ne pas ennuyer
l’auditeur. Cependant l’enfant, qui apprécie cette qualité, lui oppose
ce défautde la narratrice qui consiste à exagérer dans la représentation
des faits et l’imitation des personnages. « Le lendemain du bain, ma
mère ne manquait pas de raconter la séance à toute la maison, avec des
commentaires détaillésoù abondaient les traits pittoresques et les
anecdotes. Elle mimait les gestes de telle chérifa comme dans le
quartier… »Page 13.


Par
ailleurs, une autre figure a influencé l’enfant.
Il s’agit de l’épicier Abdallah. Celui-ci fascinait le petit Sidi
Mohammed par ses récits exotiques et pittoresques. Ce conteur
énigmatique a la passion de raconter et le don de charmer son auditeur : « Les uns
l’aiment, les autres le détestent sans le lui dire, mais tous l’écoutent
subjugués ».


(Page
73).Abdallah ne se préoccupe pas de l’accueil et
du sort réservés à ces histoires diaprées par la
poésie, le mystère, la féerie, l’exotisme. Abdallah, « l’ami de Dieu »
selon les paroles de Lahbib, n’accorde pas de l’importance aux jugements
des autres. Ce qui l’intéresse c’est de dire quelques secrets et de
confier des paroles au temps et à la mémoire. L’hétérogénéité du public
et de ses goûts n’est pas un obstacle devant son
désir de narrer.


«
Les histoires d’Abdallah subissent le sort de toutes les histoires que
se transmet l’humanité à travers les âges. Ceux-ci en rient, ceux-là en
pleurent, ceux-ci sont sensibles à leur forme extérieure, ceux-là savent
en interpréter les signes » (Page 74).


L’univers
de l’épicier a donc meublé l’horizon intérieur de Sidi Mohammed et son
imaginaire. L’enfant admire ces qualités d’indifférence et d’habileté
qui nourrissent la passion permanente de Abdallah et qui contribuent à
sa célébrité.


Si
nous comparons ces deux figures, Abdallah et la mère de Sidi Mohamed,
nous constatons qu’il y a des divergences entre eux au niveau de la mise
en récit. La mère trouve du plaisir à
représenter des scènes quotidiennes d’une façon exagérée et ironique et
accorde de l’importance à son public ; mais Abdallah choisit sa matière
surtout dans des récits épiques, merveilleux ; et ne semble pas aliéné
par l’univers de réception des auditeurs.


L’auteur
a certainement vécu son enfance dans un milieu où l’univers culturel et
symbolique est influencé par la culture transmise par le biais de la
tradition orale. Sa mémoire infaillible contient les traces de certains
personnages ayant l’art de raconter
et le don de subjuguer l’auditeur malgré la diversité de leurs points
de vus : la mère, l’épicier, le père.








Pistes
de lecture de l'incipit,.












LES DECLENCHEURS DU RECIT



L'équilibre
initial coïncide dans la Boîte à merveilles avec une prise de
conscience d'une carence, d'un manque (…moi, je ne dors pas. Je songe à
ma solitude et j’en sens tout le poids) et se transforme en rupture.




La
nuit et le poids de la solitude déclenchent le récit. Le narrateur
(l’adulte) se penche sur son passé à la recherche de réponses possibles
(Ma solitude ne date pas d’hier….P3.) ou de réconfort (pour égayer ma
solitude, pour me prouver que je ne suis pas mort.P6.).




L’enquête
se construira sur la mémoire fabuleuse héritée de l’enfant de six ans.
(Cire fraîche...les moindres événements s’y gravaient en images
ineffaçables…cet album…P6.)




Les
outils de l’enquêteur sont donc les images d’un album. Portraits et
paysages se succéderont au fur et à mesure qu’il en tournera les pages.
L’abondance de l’imparfait est justifiée par la dominance du de--xx--if.
La nostalgie orne le récit de couleurs, de parfums et de tendresse, la
perception de l’enfant l’entraîne dans le monde du merveilleux et de la
magie.




L’ESPACE



Fonction



Il
permet un itinéraire. Le déplacement de l’enfant s'associe à la
rencontre de "l'aventure". Et à la quête de la connaissance. On peut
réduire l'itinéraire dans le cas de Sefrioui à un schéma simple, deux
types de base dominent. (L’aller - retour….L’initiation et la
conquête.). L’enfant revient toujours à son point de départ, la maison,
plus exactement la pièce occupée par la famille. L'espace offre un
spectacle, plus qu’il ne sert de décor à l'action, cette dernière
n’étant pas privilégiée. Il est soumis au regard du personnage. I’enfant
se dresse en spectateur. La relation entre le lieu et son état d'âme
est forte. Une correspondance symbolique s'établit entre l’enfant et les
lieux décrits.




Organisation :



On
peut facilement constater des oppositions symboliques et fondamentales,
souvent binaires.( clos / ouvert …sombre / éclairé…espace réel /rêvé).
Ceci permet une mise en place de l’ambiance du secret, de l’étrange, et
du mystère imprégnant le récit dès son ouverture de l’ambiance des
contes merveilleux.




Représentation




La
narration prend en charge les éléments de--xx--ifs concernant le cadre
de l’action. L’enfant explore progressivement ce cadre : la ruelle, le
msid , La rue Jiaf et le bain maure. La de--xx--ion est dynamique.




La
ruelle (p3) « Il court jusqu’au bout de la ruelle pour voir passer les
ânes et revient s’asseoir sur le pas de la maison »




La
maison(P3 ) « au rez de chaussée….Au premier….Le deuxième étage…. »








LE
TEMPS




Comme
dans les contes de fée, le temps est vague, imprécis, flou. Premier
repère, l’âge du personnage principal : six ans.




L’enfant
- narrateur a une conception du temps motivée par l’attente, celle de
son père chaque soir et celle de grandir. L’écoulement du temps est
saisi dans une logique arithmétique. Matin et soir font une journée, les
jours font des mois, les mois des saisons et les saisons l’année.




Une
journée ordinaire est marquée par le réveil, le msid, les jeux, les
conversations des voisines, et le retour du père, tard le soir. Les
jours de la semaine retracent plus des activités habituelles (Lundi,
jour de lessive, mardi, journée particulièrement redoutée au msid.). Un
événement exceptionnel comme un retour précipité du père à la maison ou
la visite d’un étranger constituera un repère. Ainsi, l’Achoura, fête
qui va bouleverser le train train quotidien de l’enfant, les différentes
visites de Lalla Aicha, le départ du père vont permettre de construire
une suite justifiant un déroulement chronologique. Les indicateurs de
temps renforceront cette chronologie par le marquage des saisons
(L’hiver / 3 chapitres, le printemps / 4 chapitres et l’été /
5chapitres). On peut alors aisément estimer la durée du récit à trois
saisons et avancer que le narrateur enfant approche de ses sept ans à la
fin du roman.








LES
PERSONNAGES




Le
lecteur découvre tôt les personnages qui vont l’accompagner le long du
récit Ils sont livrés dans un ordre lié à notre découverte des mondes de
l’enfants. Ceux qui ont participé à nourrir son monde fabuleux, la
voisine du rez de chaussée, Kenza, une voyante, par ses pratiques
magiques et rituels, Abdellah , l’épicier par ses contes et son père
avec ses discours sur le paradis et l’enfer. Ceux qui font partie de son
quotidien, les voisins du premier Si Aouad fabricant de charrues, sa
femme Rahma et leur fille Zineb ; la voisine du deuxième étage, Fatima
Bzioua. Les autres enfants de son âge au msid, son maître d’école et
Lalla Aîcha, pour sa première visiteà la maison.




L’esquisse
des portraits est un peu particulière. Rarement des de--xx--ions
physiques. Un nombre limité d’outils pour la de--xx--ion dont le nom, le
sexe, l’âge, le métier, les vêtements, le statut social, la relation
familiale, les paroles.








LES
EVENEMENTS




Le
genre policier commence par un fait accompli. Il y ‘a un meurtre et
l’enquêteur est chargé de trouver l’assassin. Le roman de Séfrioui
s’aligne quelque peu sur ce genre. La solitude et la mélancolie sont ce
fait accompli et le narrateur doit revenir en arrière en chercher les
origines. Ses témoins et ses pièces à convictions sont les images de cet
album qu’est la mémoire de l’enfant.




« Ma
mémoire était une cire fraîche et les événements s’y gravaient en
images ineffaçables. I me reste cet album… » P 6




Premières
images, un enfant seul cherchant vainement à attraper un moineau, à
l’écart des enfants de son âge et étranger à leurs jeux. Un enfant
troublé par les rituels de la voyante, démons et sorcières hantent son
imagination. Un enfant fasciné par les contes de Abdellah, l’épicier et
les discours de son père sur la mort, le paradis et l’enfer. La séance
du bain maure laisse entrevoir cette relation entre le présent et le
passé.




« Je
crois n’avoir jamais mis les pieds dans un bain maure depuis mon
enfance. Une vague appréhension et un sentiment de malaise m’ont
toujours empêché d’en franchir la porte. » P9.












Les
temps du récit, dans l’incipit de la Boite à Merveilles.




Une
ouverture au présent




Le
présent de l’indicatif a des valeurs différentes selon son emploi. Deux
valeurs sont à retenir dans notre cas.




Le
présent de l’énonciation : il correspond au moment où l’on parle.




Je
songe / Je ne dors pas / Ma solitude ne date pas d’hier Ma solitude (
aujourd’hui, en ce moment)




Je
vois P3 5 (maintenant que je parle) / Il me reste cet album pour égayer
ma solitude P6 je crois n’avoir jamais mis les pieds dans un bain maure
depuis mon enfance / A bien réfléchir, je n’aime pas les bains maures
P11.




Ce
présent annonce un énoncé ancré dans la situation d'énonciation. Il
révèle la présence d’un narrateur adulte et du moment d’écriture (moment
de la parole, de l’énonciation). Il lui permet aussi de faire des
commentaires. Ce temps est courant dans des genres littéraires comme
l’autobiographie.




Le
présent de narration : il s’emploie pour rapporter des actions passées
en les rendant plus « vivantes », plus actuelles, donne une impression
de direct.




Ainsi
Sefrioui a recours à ce présent pour rendre cette scène qui appartient
au passé et la montrer avec un effet précis.




Au
présent: « Je vois » Ennoncé ancré dans la situation, présent de
énonciation Au passé, l’enfance… Un petit garçon de six ans dresser un
piège pour attraper un moineau Il (l’enfant) désire tant ce moineau /Il
ne le martyrisera pas / Il veut en faire son compagnon Il court / Il
revient s’asseoir sur le pas de la porte / Le soir , il rentre le cœur
gros P3




Le
MARDI, jour néfaste pour les élèves du Msid me laisse dans la bouche un
goût d’amertume. Tous les mardis sont pour moi couleur de cendre. Il
faisait froid…..




L’imparfait
pour enchaîner




Le
premier chapitre de la Boîte à Merveille est dominé par l’imparfait. Ce
temps permettra au narrateur de peindre les lieux réels de son enfance,
la ruelle, l’impasse , la maison, la salle du msid, les personnages qui
l’ont marqué et le monde fabuleux dans lequel il trouvait refuge.




Deux
valeurs à souligner




L’imparfait
associé au passé simple, le premier pour décrire le cadre, le second
pour dire la succession des événements.




Portrait
+ cadre de l’action




«
L’école était à la porte de Derb Noualla. Le fqih, un grand maigre à
barbe noire, dont les yeux lançaient constamment des flammes de colère,
habitait la rue Jiaf. Je connaissais cette rue. Je savais qu’au fond
d’un boyau noir et humide, s’ouvrait une porte basse d’où s’échappait
toute la journée, un brouhaha continu de voix de femmes et de pleurs
d’enfants. »




Cadre
+ actions




«
Dès notre arrivée nous grimpâmes sur une vaste estrade couverte de
nattes. Après avoir payé soixante-quinze centimes à la caissière nous
commençâmes notre déshabillage dans un tumulte de voix aiguës…….je
retirai mes vêtements et restai tout bête, les mains sur le ventre….




Dans les salles chaudes, l’atmosphère de vapeur, les
personnages de cauchemar qui s’y agitaient, la température, finirent par
m’anéantir. Je m’assis dans un coin, tremblant de fièvre et de peur. Je
me demandais ce que pouvaient bien faire toutes ces femmes qui
tournoyaient partout, courraient dans tous les sens, traînant de grands
sceaux de bois débordants d’eau bouillante qui m’éclaboussait au
passage. » P9/10




L’imparfait
pour un énoncé ancré dans la situation d’énonciation Il faudrait relier
ce temps au présent d’énonciation. Les deux se confondent. //« A six
ans, j’avais déjà conscience de l’hostilité du monde et de ma fragilité.
Je connaissais la peur, je connaissais la souffrance de la chair au
contact de la baguette de cognassier. » P20




Boîte
à Merveilles.Un roman d’objets




Une
boîte sous le lit.




La
Boîte
à Merveilles est une boîte ordinaire
contenant des objets ordinaires. Des objets hétéroclites, en matière
transparente, en métal, en nacre. Un bouton de porcelaine, des boules de
verres, des anneaux de cuivres, un minuscule cadenas sans clef, des
clous à tête dorée, des encriers vides, des boutons décorés, des boutons
sans décor (p12), des épingles (p55) un cabochon en verre taillé en
diamant offert par Rahma (p38), une chaînette de cuivre rongée de
vert-de-gris offerte par sa mère, (p96).




Pour
les autres, ce sont des vieilleries, le « bijou fabuleux et barbare
»aux yeux de l’enfant est pour la mère « un bout de verre qui peut
causer une blessure » (p39)




La
métamorphose et ses secrets.




La
transformation est de deux ordres. Le savoir faire et l’imagination.
Ainsi, une opération de nettoyage transforme le métal vil en métal
noble. « je savais transformer le cuivre, cette vile matière, en or pur
». L’imagination se charge du reste, l’objet devient fabuleux, chargé de
vertus, porteur d’une histoire merveilleuse (p38). Ainsi, « Les plus
humbles de mes boutons et de mes clous, par une opération de magie dont
j’avais seul le secret, se muèrent en joyaux. » p96.




Les
objets du plaisir et du mystère.




L’enfant
découvre le plaisir des sens très tôt grâce à ses objets. L’objet est
regardé, contemplé et caressé. Il a une âme et une vertu de talisman. Il
est source de jouissance, « Il met les sens en extase » p13, et avait
un goût qu’il ne pouvait goûter de la langue et le pouvoir d’enivrer,
p13. L’impuissance à en jouir pleinement est un moment difficile pour
lui. « Je sentais toute mon impuissance à en jouir pleinement. Je
pleurais… ». Ce moment est penible quand le sommeil empêche la
contemplation, « mes yeux, hélas ! n’avaient plus la force de regarder »
; sinon encore plus cruel quand les objets perdent leur pouvoir magique
et deviennent des objets ordinaires, « cette constatation fut cruelle.
J’éclatais en sanglots.».




L’enfant,
friand de contes découvre aussi que ses objets racontent des histoires.
« un bijou fabuleux provenant à n’en pas douter de quelque
palaissouterrain où demeurent les puissances de l’Invisible. »(p39).
Chaque objet parle son langage (p13), c’est un ami (p13 ; 249), peut
être un message, un talisman où une pierre maudite.




Les
heures de chagrin




Les
objets qui fascinent l’enfant et l’enchantent ont une autre fonction.
Ils lui permettent de conjurer tristesse et solitude. « La nuit, la
maison tomba dans le silence, je me sentis triste. Je sortis ma,
Boite,..(p54).




La
Boîte
à Merveilles lui permet de s’évader
d’un monde de contraintes et de malheur, le monde réel, celui des
adultes. Ce motif revient chaque fois qu’il est question de la Boîte à
Merveilles : « Pour échapper au bruit des tambours qui bourdonnait
encore sous mon crâne, j’ouvris ma Boite à Merveilles,… » (p150). « Moi,
j’avais des trésors cachés dans ma Boite à Merveilles. J’étais seul à
les connaître. Je pouvais m’évader de ce monde de contraintes... »
(P71).




L’enfant
fait appel dans ses moments de détresse à ses objets « prêts à me
porter secours » (p12). Grâce à sa boîte, il se sentira moins seul,
moins triste. C’est dans de pareilles circonstances que l’enfant la
retire de dessous son lit : « Je me sentis triste et seul. Je ne voulais
pas dormir, je ne voulais pas pleurer. Moi aussi, j’avais des amis. Ils
sauraient partager ma joie. Je tirai de dessous le lit ma Boite à
Merveilles je l’ouvris religieusement.»(p249).








La Boîte à Merveilles (Étude panoramique).







Dans
son roman intitulé la boîte à merveilles, Ahmed Sefrioui nous plonge
profondément dans l'univers d'un petit enfant lié "intimement" à une
boîte secrète capable de le transporter au-delà de la réalité. Le roman
fait s'immerger le lecteur dans la réalité d'une ville accueillante et
pour le petit enfant et pour sa mère Zoubida, particulièrement après le
départ du père, l'ex-tisserand de haïks.




Sidi
Med, enfant de six, s'infiltre sans cesse dans le monde des femmes
perpétuellement oisives et imprégnées par le quotidien dispute,
commérages, papotage etc.




Le
roman est "peuplé" grâce aux récits des deux personnages féminins étant
donné leur prolixité sans bride.




Le
noeud de l'histoire:


La
faillite du père du narrateur, Abdesslam qui a perdu son capital dans le
souk.




Le
"happy-end ":


- Le
thème du retour est crucial dans la boîte à merveilles :


1-
Le retour du père déclenche de nouveau la joie et le bonheur de la
famille


du
narrateur.


2-
Le retour de Moulay Larbi: Lalla Aîcha reprendre du coup sa vie
conjugale


Heureuse.

3-
Le retour de l'enfant: Sidi Med réouvre sa boite à merveilles.




L'ethnographie:

A.Sefrioui
se livre à décrire minutieusement des lieux à vocation, à la fois
religieux et culturelle. Le sanctuaire,) titre d'exemple, ainsi que des
personnages tels que sidi El Arofi, Chouafa etc. Parallèlement, les
remets non traduits du dialecte renforce ce souci ethnographique
flagrant.




Le regard de l'enfant:



Étant
donné qu'il est enfant, le narrateur à le droit de s'insinuer dans des
zones bel et bien intimes et sans aucun doute infranchissable: prenons à
titre d'illustration "le bain maure". Effectivement, la scène du bain
maure fait de l'enfant un espion qui guette le monde féminin en
franchissant toutes les frontières (de--xx--ion des corps des femmes:
mamelles pendantes, cuisse humides, ventre ballonnés, fesses grises…etc.




Le pacte autobiographique:



Tel
tout écrivain autobiographique, A.Sefrioui, quant à lui, promet le
lecteur de lui communiquer un récit rétrospectif sincère et véridique:


«
J'avais peut-être six ans, ma mémoire était une cire fraîche et les
moindres événements s'y gravaient en images ineffaçable. Il me reste cet
album pour égayer ma solitude, pour me prouver à moi-même que je ne
suis pas encore mort.».p.6


1-
Âge propice de la mémorisation.


2-
Autobiographie sincère.


3-
Pérennité aspirée.


Le
récit d'Ahmed Sefrioui est marqué surtout par des interventions
ironiques


(l'ironie:
faire comprendre le contraire de ce qu'on veut dire):


Il
ironise sur Zineb qui s'intéresse à l'état maladif noir…


Il
ironise sur l'altitude de L.Aîcha (la chanson…).


Le
sanctuaire: un saint qui préfère intensément les chats!




Le
système des personnages:


sidi
Mohamed: le petit de six ans (le narrateur).


Lalla
zoubida: la mère du narrateur.


Lalla
aicha: l'amie de Zoubida.


Maâlam
abdesslam: la père de Sidi Mohamed.Tisserand.


Lalla
Kenza: la voyante.


Rahma:
voisine (la mère de Zineb fille que sidi Mohamed déteste). / et femme
de Driss Aouad.


Fatma
Bziouya: apprenti de Mr. Abdesslam.


My
laarbi: mari de Lalla.Aîcha( remariage avec la fille du coiffeur).


Abdellah
l'épicier: le conteur (" Homère" du petit Sidi Mohamed).


Sidi
El Arofi: le voyant aveugle qui va rassurer L.Zoubida et son amie
L.Aîcha.


Abderrahmane:le
coiffeur.


Salama:
La marieuse qui va unir My.Larbi et sa 2ème épouse.


Zhor:
la voisine de L. Aîcha qui lui a communiqué la vie que mène My.Larbi
auprès de sa seconde épouse.




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